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Dans l'oeil de la précarité

Avoir de la misère à joindre les deux bouts, c'est devenu la réalité de trop de personnes étudiantes. Entre la hausse du coût de la vie, les loyers hors de prix, les prêts et bourses insuffisants ou les stages non payés, la précarité nuit à notre santé mentale, à notre santé physique et à notre réussite. De plus, les frais de scolarité élevés et leur augmentation viennent fermer la porte de l’enseignement supérieur à de nombreuses personnes, allant à l’encontre de notre principe fondamental d’accessibilité aux études. Le gouvernement doit agir! L’enseignement supérieur ne devrait pas être un luxe, les personnes étudiantes méritent de pouvoir vivre et étudier dans la dignité.
Dans l'oeil de la précarité

Nos demandes

1. Instaurer un contrôle réel des loyers et développer plus de logement social et abordable

Entre 2020 et 2025, le loyer moyen dans les villes universitaires et cégépiennes a augmenté de près de 50%.

Cette hausse fulgurante des prix du logement pousse inévitablement les personnes étudiantes à la précarité. Au Québec, plus de la moitié des personnes étudiantes dépensent une trop grande partie de leur revenu pour leur loyer et se retrouvent en situation de précarité résidentielle importante. Encore plus alarmant, 3% des personnes étudiantes vivent une situation d’itinérance.

Se loger, ce n’est pas un luxe. Le logement devrait être un droit avant d’être un investissement, et les personnes étudiantes ne devraient pas être condamnées à vivre dans des logements insalubres et trop chers. Face à cette situation, l’UEQ et la FECQ demandent des actions concrètes du gouvernement du Québec, soit l’instauration d’un contrôle réel des loyers et le développement de plus de logement social et abordable.
Nos demandes

2. Financer les initiatives de lutte contre l’insécurité alimentaire étudiante en enseignement supérieur

Au Québec, 40% des personnes étudiantes ont vécu de l’insécurité alimentaire en raison d’un manque d’argent. Cette proportion augmente à près d’une personne sur 2 chez les personnes étudiantes bénéficiaires des prêts et bourses.
Or, l’insécurité alimentaire a de réels impacts sur la vie et la santé des personnes étudiantes. Ainsi, une personne étudiante répondante sur 4 affirmait que l’insécurité alimentaire avait eu un impact sur sa santé mentale ou physique.

Face à cette montée alarmante de l’insécurité alimentaire, de nombreuses associations étudiantes se mobilisent sur leurs campus respectifs, en mettant en place des initiatives comme des frigos communautaires, des cuisines collectives ou des banques alimentaires.

Le gouvernement doit agir et soutenir le démarrage ou la pérennisation de ces initiatives afin d’endiguer la crise de l’insécurité alimentaire. L’UEQ et la FECQ demandent au gouvernement de financer les initiatives de lutte contre l’insécurité alimentaire étudiante en enseignement supérieur.

3. Payer tous les stages

Annuellement, au Québec, plus de 120 000 personnes réalisent des stages collégiaux ou universitaires. Or, seuls 16% de ces stages sont rémunérés. Cela signifie que plus de 100 000 personnes étudiantes travaillent gratuitement chaque année au Québec, alors même que la précarité étudiante ne fait qu’augmenter.

De plus, les stages non payés sont particulièrement fréquents dans les domaines à prédominance féminine, ce qui contribue à l'invisibilisation et la dévalorisation du travail socialement associé aux femmes et aux iniquités salariales de genre.

Le Programme de bourses Persévérance, mis en place en 2019, est insuffisant et doit être bonifié. Le montant des bourses offertes est trop faible, et celles-ci se limitent uniquement aux stages finaux. Par ailleurs, de nombreux programmes qui répondent aux critères actuels du Programme ne sont pas éligibles, et ce pour des raisons arbitraires.

Il n’est pas normal qu’au Québec, des milliers de stagiaires travaillent gratuitement, alors même que la population étudiante a de la difficulté à se loger et à se nourrir. L’UEQ et la FECQ demandent donc que tous les stages soient payés.

4. Augmenter les prêts et bourses de 200$/mois

Annuellement, l’UEQ et la FECQ réussissent, à travers leurs représentations auprès du Ministère de l’enseignement supérieur, à faire indexer les prêts et bourses à l’inflation. Ainsi, depuis septembre 2020, la part du montant des prêts et bourses dédié au logement, à l’alimentation, au transport en commun et aux dépenses personnelles a augmenté de 20%, passant de 1180$/mois à 1416$/mois.

Or, plusieurs de ces catégories de dépense ont augmenté davantage que l’inflation globale dans le même laps de temps. De plus, les personnes étudiantes locataires payent en moyenne 21% plus cher pour leur loyer comparativement aux autres personnes locataires.
Au fil des années, le pouvoir d’achat des prêts et bourses a donc diminué, et ce dernier ne reflète plus le coût réel de la vie, condamnant les personnes bénéficiaires à la précarité. Il est urgent de rattraper le retard accumulé afin de garantir que les personnes étudiantes puissent se loger et se nourrir convenablement. Pour se faire, l’UEQ et la FECQ demandent donc une augmentation de 200$ par mois des prêts et bourses.

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