Au printemps dernier, le gouvernement du Québec dévoilait son budget 2025-2026 « Pour un Québec plus fort - Innover pour prospérer », qui reconnaissait l’importance d’investir dans l’innovation de la province. Cependant, les investissements destinés à la communauté étudiante universitaire dans les bourses du Fonds de recherche du Québec (FRQ) ont été complètement écartés de ce budget qui visait pourtant à rehausser l’innovation québécoise. L’Union étudiante du Québec (UEQ) demande au gouvernement du Québec de considérer la relève scientifique comme une partie intégrante de l’avenir de l’innovation en augmentant le montant et le nombre de bourses étudiantes au FRQ.
Au moment où le gouvernement du Québec déposait son dernier budget, chez nos voisins du Sud, les attaques envers le milieu universitaire et la liberté académique, ainsi que les coupes massives annoncées dans le financement public dédié à la recherche mettaient en péril d’innombrables projets scientifiques. En octobre 2025, des responsables du Prix Nobel soulevaient même que les États-Unis étaient en voie de perdre leur place à titre de première nation dans la recherche scientifique dans le monde. Ainsi, quand un sous-investissement dans les fonds publics dédiés à la recherche libre survient, c’est tout le potentiel d’innovation d’une société qui s’en trouve freiné. Les personnes chercheuses sont contraintes de quitter leur pays et la population étudiante doit se tourner vers d’autres destinations pour acquérir une formation de qualité en recherche.
Dans ce contexte, le Québec se doit d’investir dans le FRQ. En effet, le gouvernement dispose d’une occasion unique de soutenir la recherche, de renforcer sa compétitivité en innovation et d’attirer de nouveaux talents. L’UEQ dénonce le manque d’investissements du gouvernement dans les bourses de recherche destinées à la relève. Notre relève scientifique mérite mieux. À l’heure actuelle, le montant annuel des bourses de la maîtrise se situe à 20 000 $ alors que celui au doctorat, à 25 000 $. Le taux d’octroi des bourses du FRQ est en forte baisse : il atteignait environ 28 % lors du dernier concours, alors qu’il y a trois ans, plus de 41 % des candidatures recommandées par les comités scientifiques obtenaient un financement. Considérant la baisse significative du taux d’octroi, il est insensé que même la crème de la crème de la relève scientifique ne puisse pas obtenir un financement annuel au-dessus du seuil de revenu viable.
La contribution de la communauté étudiante en recherche et en innovation est incontestable. Au Québec, la population étudiante contribue au tiers de toutes les publications scientifiques de la province. Cette contribution est même reconnue par le gouvernement dans le cadre de la Stratégie québécoise de recherche et d’investissement en innovation (SQRI2) 2022-2027 qui mentionne que les talents de la relève sont un « atout pour le développement de solutions aux grands enjeux et défis de société » et qu’un financement adéquat dans la relève scientifique est « une condition essentielle d’attraction pour de grandes entreprises innovantes ». La SQRI2 prévoyait même des investissements significatifs pour la relève scientifique. À l’heure actuelle, nos personnes chercheuses de demain attendent toujours ces sommes à la hauteur des promesses réalisées par le gouvernement.
Lorsque la relève scientifique est financée en dessous du seuil de revenu viable, c’est la société tout entière qui en subit les conséquences. La durée des études aux cycles supérieurs s’allonge, le taux d’abandon atteint près de 50 % dans certaines disciplines au doctorat, et l’innovation au Québec en ressort freinée. En négligeant sa relève, la société perd des scientifiques de talent. Financer la recherche, c’est investir directement dans l’avenir du Québec.